Contestation augmentation loyer locataire : que faire après la signature ?

Face à une hausse de loyer contestée après signature du bail, le propriétaire doit vérifier la légalité de son augmentation. Le locataire peut légitimement contester toute révision annuelle qui dépasse l'indice de référence des loyers (IRL) ou ne respecte pas les règles d'encadrement. La contestation peut également concerner les augmentations liées aux travaux d'amélioration ou au diagnostic de performance énergétique (DPE).

Contestation augmentation loyer locataire : que faire après la signature ?

Face à une hausse de loyer contestée après signature du bail, le propriétaire doit vérifier la légalité de son augmentation. Le locataire peut légitimement contester toute révision annuelle qui dépasse l'indice de référence des loyers (IRL) ou ne respecte pas les règles d'encadrement. La contestation peut également concerner les augmentations liées aux travaux d'amélioration ou au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Publié le, jeudi 22 janvier 2026 - Mis à jour le, jeudi 22 janvier 2026
Temps de lecture : 9mn
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Sommaire

Révision des loyers : cadre légal et indices de référence Quand un propriétaire peut-il augmenter le loyer du locataire ? Raisons valables pour refuser ou contester une hausse de loyer Étapes pour contester une augmentation : lettre, médiation, justice Modèle de lettre de contestation Calcul et rattrapage de l'augmentation : vérifiez le montant dû Cas particuliers : travaux, DPE et plafonds en zones tendues Assurance loyers impayés : sécuriser vos revenus face aux contestations Assurance loyers impayés : sécuriser vos revenus face aux contestations

Révision des loyers : cadre légal et indices de référence

L'encadrement des loyers en France repose sur un cadre légal strict qui définit les conditions d'augmentation annuelle.

 

Comprendre l'indice de référence des loyers (IRL)

L'Indice de Référence des Loyers (IRL) est l'indicateur officiel publié trimestriellement par l'INSEE qui sert de base pour réviser les loyers des logements vides ou meublés. Au quatrième trimestre 2025, l'IRL s'établit à 145,78, avec une augmentation limitée à 0,79 % sur un an. Concrètement, pour un loyer de 600 €, l'augmentation maximale autorisée serait donc de 4,74 €. L'IRL a connu des variations trimestrielles en 2025 : 1,04 % au deuxième trimestre et 0,87 % au troisième trimestre, reflétant une tendance à la modération.

 

Encadrement et loi Alur

La loi Alur, promulguée en 2014, a instauré un dispositif d'encadrement des loyers dans les zones dites « tendues » où la demande excède l'offre. Ce mécanisme s'appuie sur des loyers de référence calculés par les observatoires locaux. L'expérimentation a été prolongée jusqu'en juillet 2025, permettant de réguler l'augmentation des loyers dans les grandes agglomérations. Les propriétaires doivent notifier toute révision de loyer au moins six mois avant la fin du bail, en respectant scrupuleusement les plafonds légaux.

plafond

L'IRL constitue un plafond légal qui limite toute hausse de loyer à un niveau ne pouvant dépasser celui de l'inflation, protégeant ainsi le pouvoir d'achat des locataires !

Quand un propriétaire peut-il augmenter le loyer du locataire ?

L'augmentation du loyer n'est pas possible à n'importe quel moment et doit respecter un cadre légal précis. Voici les trois situations principales où un bailleur peut légitimement réviser le montant du loyer.

 

Révision annuelle

La révision annuelle est possible uniquement si une clause de révision est expressément mentionnée dans le bail. Cette augmentation doit respecter l'Indice de Référence des Loyers publié trimestriellement par l'INSEE et ne peut avoir lieu qu'une fois par an. Le propriétaire doit avertir le locataire au moins un mois avant la date de révision indiquée dans le contrat.

 

Travaux et amélioration

Le bailleur peut augmenter le loyer suite à des travaux d'amélioration réalisés dans le logement, même en cours de bail. Cette augmentation doit être prévue par une clause spécifique dans le contrat ou faire l'objet d'un avenant. L'accord du locataire est nécessaire et le propriétaire doit notifier cette hausse six mois avant son application.

 

Relocation et zones tendues

Lors d'un changement de locataire, le propriétaire peut généralement réviser librement le loyer. Cependant, dans les zones tendues (grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Bordeaux), l'augmentation est encadrée. Le nouveau loyer ne peut généralement pas dépasser le dernier loyer appliqué, sauf exceptions comme des travaux importants ou une sous-évaluation manifeste par rapport au marché local.

Raisons valables pour refuser ou contester une hausse de loyer

Plusieurs motifs légitimes permettent au locataire de contester une augmentation de loyer. Voici les principales situations qui justifient un refus.

 

Non-respect de l'indice de référence

Le locataire peut légitimement contester une augmentation si le calcul basé sur l'Indice de Référence des Loyers est incorrect. Vérifiez que la hausse correspond effectivement à l'évolution de cet indice et que la notification respecte le délai légal d'un mois avant application.

 

Travaux non justifiés ou surévalués

Seuls les travaux d'amélioration apportant une réelle plus-value au logement peuvent justifier une augmentation. La hausse ne peut excéder 15 % du coût total TTC des travaux. En zone tendue, le propriétaire doit également prouver que le loyer est manifestement sous-évalué par rapport au marché.

 

Diagnostic de performance énergétique défavorable

Depuis août 2022, la loi interdit toute augmentation de loyer pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Cette interdiction s'applique lors du renouvellement du bail ou à la relocation. Une hausse ne sera possible qu'après travaux de rénovation permettant d'atteindre au moins la classe E.

Étapes pour contester une augmentation : lettre, médiation, justice

Lorsque vous recevez une notification d'augmentation de loyer que vous jugez excessive ou injustifiée, vous disposez de plusieurs recours pour la contester. Voici les étapes à suivre pour défendre vos droits.

 

Rédiger la lettre de contestation

La première démarche consiste à contester par écrit l'augmentation. Vous devez envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai d'un mois après réception de la notification d'augmentation. Dans ce courrier, exposez clairement les motifs de votre contestation (calcul erroné, non-respect de l'indice de référence, etc.) et joignez tous les documents justificatifs nécessaires pour appuyer votre demande.

 

Saisir la commission départementale de conciliation

Si votre propriétaire maintient sa position, vous pouvez saisir gratuitement la Commission Départementale de Conciliation. Cette instance, composée de représentants des bailleurs et des locataires, cherche à établir un dialogue entre les parties pour éviter le recours au tribunal. La demande se fait par courrier recommandé en fournissant tous les documents utiles (bail, échanges précédents, justificatifs). La commission organisera une séance de conciliation pour tenter de trouver un accord.

 

Recours devant le juge

En dernier recours, si la conciliation échoue, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire dont dépend votre logement. Cette procédure doit être engagée dans un délai de trois mois suivant l'échec de la conciliation. Le juge analysera votre dossier et rendra une décision qui s'imposera aux deux parties.

Pour plus d'informations sur les démarches à suivre, consultez notre guide complet : Contester une augmentation du loyer.

amiable

Privilégiez toujours une solution amiable qui vous permettra d'éviter des frais judiciaires souvent élevés et une procédure longue. Dans la majorité des cas, un accord peut être trouvé lors de la phase de conciliation.

Modèle de lettre de contestation

Voici un modèle de lettre que vous pouvez utiliser pour contester le montant de votre loyer. Assurez-vous de l'envoyer en recommandé avec accusé de réception dans un délai d'un mois après réception de la notification.

 

Nom, prénom du locataire
Adresse complète

Nom, prénom du propriétaire
Adresse complète

Fait à [Ville], le [Date]

 

 

Objet : Contestation du montant du loyer

 

Madame, Monsieur,

Je fais suite à notre contrat de location signé le [date de signature] pour le logement situé [adresse complète].

Conformément à l'article 17-2 de la loi du 6 juillet 1989, je conteste le montant du loyer fixé à [montant contesté] euros, qui me semble excessif par rapport [préciser le motif : indice de référence, loyer de référence local, etc.].

Je vous propose donc de fixer le loyer à [montant proposé] euros.

 

                                Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Signature

Calcul et rattrapage de l'augmentation : vérifiez le montant dû

Formule de calcul de la révision

Pour calculer correctement l'augmentation de votre loyer, utilisez la formule basée sur l'Indice de Référence des Loyers : Nouveau loyer = Loyer actuel × Nouvel IRL ÷ Ancien IRL.

Où :

  • Loyer actuel : montant hors charges
  • Nouvel IRL : indice du trimestre de référence indiqué dans le bail
  • Ancien IRL : indice du même trimestre de l'année précédente

 

Ancien loyer

Nouveau loyer calculé

600 €

604,74 €

 

Rattrapage rétroactif

Si le propriétaire a omis d'appliquer l'augmentation à la date prévue, il peut effectuer un rattrapage dans la limite d'un an maximum. Aucun cumul d'augmentations sur plusieurs années n'est légalement possible. Le locataire doit recevoir une notification écrite détaillant le montant de l'augmentation et la période concernée par le rattrapage.

Cas particuliers : travaux, DPE et plafonds en zones tendues

En cas de travaux d'amélioration, une augmentation est possible dans la limite de 15 % du montant des travaux TTC. Cette majoration doit être justifiée par des améliorations significatives du logement (installation d'un ascenseur, création d'une salle de bain supplémentaire, etc.).

Pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique, considérés comme des passoires thermiques, des restrictions strictes s'appliquent. Depuis janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location et aucune augmentation de loyer n'est possible pour ces biens sans rénovation énergétique préalable.

Dans les zones tendues, où la demande locative excède l'offre, la législation impose un encadrement des loyers avec des plafonds définis selon un loyer de référence. Ce dispositif limite les hausses excessives dans les grandes agglomérations et protège les locataires contre des augmentations abusives.

Assurance loyers impayés : sécuriser vos revenus face aux contestations

Lorsqu'un locataire conteste le montant du loyer après la signature du bail, cette situation peut rapidement se transformer en un conflit plus grave, mettant potentiellement en péril vos revenus locatifs. En effet, une contestation non résolue peut dégénérer en cas d'impayés si le locataire décide de suspendre partiellement ou totalement le paiement des loyers en attendant qu'une décision soit prise concernant sa réclamation. Face à ce risque, il est essentiel d'adopter une approche préventive tout en vous protégeant financièrement.

La recherche d'une solution amiable doit toujours être privilégiée dans un premier temps. Un dialogue ouvert et constructif avec votre locataire permet souvent de désamorcer les tensions et d'éviter l'escalade du conflit. Cependant, malgré vos efforts, certaines situations peuvent s'enliser et compromettre durablement la perception de vos loyers.

C'est précisément pour ces situations que l'assurance loyers impayés se révèle être un outil indispensable. Cette garantie vous offre une protection complète en cas de litige avec votre locataire. Chez Solly Azar, notre assurance loyers impayés vous permet de bénéficier de la prise en charge à 100 % des frais de contentieux et de recouvrement jusqu'à l'expulsion, y compris les frais de déménagement et de garde-meuble.

 

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FAQ sur la contestation d'une augmentation de loyer

Peut-on refuser une augmentation de loyer ?

Oui, vous pouvez refuser une augmentation si elle ne respecte pas les conditions légales. La contestation doit être formulée par écrit dans un délai d'un mois après réception de la notification d'augmentation.

Comment contester une augmentation de loyer en tant que locataire ?

Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception exposant vos arguments. Vous pouvez ensuite saisir la commission départementale de conciliation puis le tribunal judiciaire si aucun accord n'est trouvé.

De combien un propriétaire peut-il augmenter le loyer ?

L'augmentation est limitée à l'évolution de l'Indice de Référence des Loyers. Selon l'IRL du quatrième trimestre 2025, l'augmentation maximale est de 0,79 % pour une révision annuelle classique.

Quand avertir le locataire d'une augmentation de loyer ?

Le propriétaire doit informer le locataire au moins un mois avant la date de révision indiquée dans le bail, par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception.

Peut-on augmenter le loyer en cours de bail ?

Uniquement si une clause de révision est incluse dans le bail. L'augmentation est interdite pour les logements classés F ou G (passoires thermiques) depuis la loi Climat et Résilience.

Comment calculer l'augmentation de loyer ?

La formule est : nouveau loyer = loyer actuel × nouvel IRL ÷ IRL de l'année précédente. Le calcul doit utiliser le trimestre de référence mentionné dans le bail pour être légalement valide.

Valérie IMBERT
Valérie IMBERT, Experte garantie loyers impayés – Directrice du service GLI
Valérie Imbert possède une expertise approfondie des mécanismes de la GLI, de la gestion des sinistres aux aspects juridiques complexes liés aux impayés. Forte de plus de 15 ans d’expérience, elle pilote le développement des offres en lien avec les évolutions réglementaires et les besoins des bailleurs. Son rôle stratégique inclut l’optimisation des processus de prise en charge, la collaboration avec les partenaires juridiques, et la formation interne. Elle partage régulièrement ses analyses pour aider propriétaires et professionnels de l’immobilier à sécuriser leurs revenus locatifs grâce à une maîtrise fine des garanties loyers impayés.
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